Author Archives: Alain Fortier

Invitation à notre AGA (Assemblée Générale Annuelle)

En tant que membre de VASAM, vous êtes convoqué à l’Assemblée générale annuelle des membres de l’organisme VASAM (Victimes d’agressions sexuelles au masculin) qui aura lieu :

Date : Lundi 15 juin à 19h00
Lieu : Restaurant Normandin
Adresse : 5146 Wilfrid-Hamel Ouest, l’Ancienne-Lorette (Québec) G2E 2G9 (coin Hamel et Henri IV)

Lors de cette occasion, nous vous présenterons les réalisations 2014-2015 de l’organisme et vous parlerons des projets à venir.

Vous trouverez ci-joint le lien de l’ordre du jour et l’avis de convocation pour cette réunion.

https://www.dropbox.com/sh/4fp6mtrdw91isnn/AACNfgkwUQ2Fo18QdI11iSzDa?dl=0

Au plaisir de vous y voir en grand nombre,

Merci de votre appui,
Alain Fortier
Président

Victimes d’agressions sexuelles au masculin
VASAM.org

Copyright © 2015 VASAM, Tous droits réservés.
Membre VASAM

Notre adresse postale est :
VASAM
C.P. 44515
Lévis, Qc G7A 4X5
Canada

Étude sur les agressions sexuelles dans le sport

Le 7 mai dernier, madame Sylvie Parent, chercheuse au département d’éducation physique à l’Université Laval, a publié une étude sur les agressions sexuelles dans le sport. L’étude a été menée sur 6 450 adolescents dans 34 écoles secondaires.

Il ressort de cette étude deux données intéressantes :

1) Les entraîneurs sportifs seraient responsables de 5,3% des agressions sexuelles subies par les adolescentes et adolescents québécois.

2) Dans le contexte sportif, la proportion de garçons et de filles victimes serait équivalente, alors qu’en dehors du sport, il y aurait quatre fois plus de filles victimes d’agressions sexuelles.

Pour nous, cette étude vient démontrer qu’il existe une problématique au niveau des agressions sexuelles dans le sport et qu’il est maintenant le temps d’agir. Il ne faut pas soupçonner tous les entraîneurs, mais plutôt être vigilant et cesser d’avoir une confiance aveugle envers eux.

Malheureusement, certains parents sont prêts à accepter des comportements inappropriés de la part d’un entraîneur pour voir leurs enfants atteindre enfin un niveau élite, comportements qui n’auraient pas été acceptés en dehors du milieu sportif.

Encore une fois, la prévention demeure le meilleur outil pour éviter que nos enfants ne soient victimes d’agressions sexuelles. Voici quelques moyens pour y arriver : parler ouvertement d’agressions sexuelles avec nos enfants, les convaincre de nous dire ce qui ne va pas en établissant de bons liens de confiance et exercer une meilleure surveillance.

S’il vous arrive d’avoir un soupçon ou de vous sentir mal à l’aise avec un comportement, il faut agir et en parler. N’oubliez pas que la meilleure arme pour les agresseurs, c’est le silence.

Alain Fortier

 

Voici les liens de différents articles écrits sur le même sujet:

Radio Canada (mon témoignage s’y retrouve)http://ici.radio-canada.ca/regions/quebec/2015/05/06/011-agressions-sexuelles-entraineurs-sportifs-etude-universite-laval.shtml

Huffingtonpost : http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/05/06/les-entraineurs-sportifs-responsables-de-53-des-agressions-sexuelles-dados_n_7227126.html

Journal la Nouvelle Union : http://www.lanouvelle.net/Actualités/National/2015-05-06/article-4137302/Les-entraineurs-sportifs-responsables-de-5-des-agressions-sexuelles-envers-les-adolescents/1

Journal Métro : http://journalmetro.com/sports/771017/une-etude-sur-les-agressions-sexuelles-dans-le-sport/

 

Émission concernant le registre des pédophiles

Bonjour,

L’émission Le monde de Josey du vendredi 15 mai 2015,  avec Josey Arsenault, au FM 93, traitait du registre des pédophiles, en lien avec le pédophile qui vit près d’une école à Charlesbourg. J’interviens vers la fin, à +/- 50 minutes. Voici le podcast, sans pause : http://bitly.com/entrevueradioregistrepedophile

C’est très intéressant de voir la réaction du public. C’est aussi très étrange de constater que nos élus devraient normalement nous représenter. Par contre, dans ce dossier, aucun élu au provincial ne veut prendre le flambeau pour protéger la population.

Au fédéral, Frank Tremblay et moi irons appuyer le projet de loi C-26, le 28 mai prochain. Ce projet de loi a pour but non seulement d’alourdir les peines d’emprisonnement, mais aussi de créer une base de données publique portant sur les auteurs d’agressions sexuelles commises sur des enfants et qui présentent un risque important de récidive.

Bonne écoute!

Alain Fortier

Link

Si vous trouvez que cette vidéo peut permettre à des proches de se libérer, svp, partagez.

VASAM a été choisi pour faire la promotion de la 10e année de la semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels. Cette vidéo est une gracieuseté du ministère de la Justice du Canada.

SEMAINE IMPORTANTE POUR LES VICTIMES D’ACTES CRIMINELS :

Du 19 au 25 avril 2015, c’est la semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels, sous le thème Façonner l’avenir ensemble[1].

Le 20 avril avait lieu, à Ottawa, le colloque au cours duquel nous avons eu l’immense honneur et privilège de présenter M. Sheldon Kennedy (https://youtu.be/FAZvIafNFKM) , lors de la cérémonie d’ouverture. M. Kennedy est un ancien joueur de hockey professionnel qui a été victime d’agression sexuelle de la part d’un entraîneur. Résilient, il a transformé ce qu’il a vécu en une magnifique histoire à succès pour les enfants victimes d’agressions sexuelles, en créant le Sheldon Kennedy child avocacy centre[2].

Par la suite, nous avons donné une conférence[3] sous le thème : Agressions sexuelles au Masculin : Bilan et solutions.

Ce fut une avancée majeure pour la cause des agressions sexuelles au masculin. Nous avons rencontré plusieurs intervenants de différents milieux qui souhaitent venir en aide aux victimes masculines. Nous vous en reparlerons plus tard.

En terminant, nous aimerions remercier le comité organisateur pour toute l’aide et le soutien apportés pendant ce colloque, comité qui a fait de cette journée un réel succès. C’est impressionnant de voir à quel point le ministère de la Justice du Canada a à cœur le bien-être des victimes.

[1] http://www.semainedesvictimes.gc.ca/accueil-home.html

[2] http://www.sheldonkennedycac.ca/

[3] http://www.semainedesvictimes.gc.ca/colloque-symp/rcnprog-ncr.html

EN PRÉPARATION…

Le dimanche 19 avril, Frank Tremblay, François-Olivier Bernard et moi-même serons en route vers Ottawa.

Le lundi 20 avril aura lieu l’ouverture de la 10e semaine nationale de sensibilisation aux victimes d’actes criminels.

J’aurai l’honneur et le privilège de présenter, lors de la cérémonie d’ouverture, le conférencier principal, M. Sheldon Kennedy.

En après-midi, nous donnerons un atelier sur les particularités des hommes victimes d’agressions sexuelles.

Ce sera un autre pas pour les victimes masculines d’agressions sexuelles.

Merci pour votre support,

Alain Fortier

Président et cofondateur de VASAM

VAGUE DE DÉNONCIATIONS

Opinion – Novembre 2014

On ne pourra assurément jamais se réjouir du fait qu’il y ait autant de victimes d’agressions sexuelles. Mais aujourd’hui est une autre journée importante pour elles. Je me réjouis en effet de constater que des victimes d’agressions sexuelles – hommes ou femmes – sortent de l’ombre pour avouer, dans les médias, ce qu’elles ont vécu, pour dénoncer leur agresseur. Je suis alors confiant en l’avenir.

Le bouillonnement actuel dans le monde des médias, quant aux dénonciations qui se sont déroulées cette semaine, offre plusieurs avantages. Premièrement, dans les journaux, on voit habituellement les agresseurs et rarement les victimes. C’est parfait ainsi, puisqu’il faut protéger les victimes qui veulent garder l’anonymat. Par contre, voir des victimes prendre publiquement la parole dans les médias permet aussi d’humaniser les victimes, car la population réalise mieux que n’importe qui peut en être une : un conjoint, un ami, un collègue, un parent.

Deuxièmement, dénoncer un agresseur lui enlève son arme la plus puissante : le silence. Les agresseurs comptent beaucoup sur le silence des victimes, qu’ils utilisent pour sévir pendant plusieurs années. Ils savent très bien que les victimes ont honte et se sentent coupables. Plus ils verront de victimes dénoncer publiquement, plus ils sentiront que le risque de se faire prendre est grand.

Troisièmement, cette situation permet aussi de sensibiliser la population à la problématique des agressions sexuelles. Faisons un parallèle avec l’alcool au volant : il y a quelques années, les gens conduisaient avec une bière entre les jambes et c’était toléré. Aujourd’hui, prendre son véhicule en état d’ébriété est mal vu, les proches allant même jusqu’à intervenir. Dans le contexte des agressions sexuelles, plus nous allons parler et sensibiliser la population à cette problématique, plus elle sera intolérante envers ce type de crime et leurs auteurs.

En terminant, je tiens à saluer toutes les femmes et tous les hommes qui ont décidé, ou qui décideront, de dévoiler publiquement ce qu’elles ont vécu. En posant un tel geste, vous aidez des milliers d’autres victimes. Il faut seulement s’assurer d’être prêt à le faire et de connaître les conséquences. En effet, une fois dévoilée, cette situation n’a plus de retour en arrière possible : il faut être prêt à vivre avec le regard et les questions des autres. Néanmoins, je demeure convaincu que parler de notre histoire fait partie du processus de guérison.

Pour ceux qui jugent les victimes, je vous demanderais de prendre quelques minutes et de faire un examen de conscience. Êtes-vous insensible parce que vous êtes déconnecté de vos émotions ? Qu’est-ce qui a causé cette déconnexion ? Est-ce que le dévoilement des autres vous dérange parce que vous êtes vous-même une victime et que vous n’avez pas la force d’en parler ? Si le fait de voir des gens dévoiler publiquement une agression vous dérange, je suis désolé, mais c’est vous qui avez un problème. Empressez-vous d’en trouver la cause.

L’histoire de Nathalie Simard a eu un impact majeur pour plusieurs victimes d’agressions sexuelles. Ce que nous vivons présentement donnera-t-il un second souffle pour inciter des milliers de victimes à dénoncer ? C’est mon plus grand souhait.

UN APPEL À LA COALITION

Lettre éditoriale – 10 novembre 2014

Dans la foulée des nombreuses dénonciations sur twitter #AgressionNonDenoncee, il y a beaucoup de personnes qui ont décidé de briser le silence. Plusieurs journalistes et blogueurs ont également fait des articles intéressants félicitant le courage des victimes et les incitant aussi à dénoncer.

Je l’ai dit à plusieurs reprises cette semaine, nous ne pouvons que nous réjouir de ce qui se passe présentement. C’est toute notre société qui en sortira gagnante, en comprenant mieux la problématique très complexe des agressions sexuelles.

Je suis le premier à dire qu’il faut dénoncer les agresseurs. Ne croyant que très peu à la réhabilitation, principalement pour les récidivistes, je crois fermement qu’il faut punir adéquatement les agresseurs et augmenter les peines, pour plusieurs raisons.

Malgré tout, une certaine déception m’habite et me laisse un goût amer dans la bouche. En effet, il m’arrive souvent de parler avec des victimes. Et j’ai remarqué que plusieurs femmes prennent la cause des agressions sexuelles comme si elles étaient les seules victimes et que les hommes sont tous des salauds et des agresseurs.

Oui, il y a plus de victimes féminines d’agressions sexuelles que de victimes masculines. Oui, la majorité des agressions sexuelles sont causées par des hommes. Par contre, attention Mesdames, on se base uniquement sur un taux de dévoilement de 10% et on sait que les hommes sont moins enclins à dénoncer leur agresseur, pour diverses raisons. Avec ce maigre taux de dévoilement, les statistiques disent que 1 femme sur 3 et 1 homme sur 6 seront victimes d’agressions sexuelles dans leur vie. Une étude aux États-Unis énonce que 38 % des victimes sont des hommes et que, dans 46% des cas, l’agresseur est une femme. Nous n’avons que très peu de données concernant les hommes victimes d’agressions sexuelles, et encore moins sur les femmes agresseurs.

Avec ces statistiques, nous pouvons affirmer que les hommes ne sont pas les seuls auteurs des agressions sexuelles. Il serait bien de cesser de dire, par exemple : « Dans le silence consentant du jeune homme qui laisse son ami profiter d’une fille saoule » ou « le geste irrespectueux posé par un homme qui se croit tout permis ». Pourquoi ne pas remplacer, à partir de maintenant, le mot « homme » par le mot « agresseur »?

1http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sociaux/agression_sexuelle/index.php?des-chiffres-qui-parlent
2http://www.slate.fr/story/90153/hommes-viol

Le but n’est pas de continuer une guerre des sexes et de dire que l’un est pire que l’autre; il faudrait plutôt tout remettre en contexte. Je crois que nous devons tous faire un examen de conscience, autant les hommes et que les femmes. En effet,

– Combien de personnes, tant hommes que femmes, ont vu un oncle  »taponneux », et n’ont rien fait, sauf peut-être détourner le regard ?
– Combien de mères – prétextant vouloir préserver l’unité familiale – n’ont pas porté assistance à leur fille lorsqu’elle leur a annoncé être victime d’agression sexuelle par leur père ?
– Combien de prêtres ont été témoins des gestes déplacés de la part de leur(s) collègue(s) et n’ont rien fait pour protéger ainsi leur congrégation ?
– Combien de directeurs (trices) d’école n’ont pas porté plainte à la police alors qu’un élève demandait assistance ?
– Combien de policiers n’ont pas cru une victime et n’ont pas voulu faire d’enquête ?
– Combien de signalements ont été faits à la DPJ, de la part d’un entourage inquiet d’une situation douteuse, et pour lesquels aucune enquête n’a été entreprise ?

Je suis persuadé que je pourrais continuer cette liste encore longtemps et vous donner plusieurs autres exemples. Ce que je veux démontrer ici, c’est que nous sommes tous responsables, à différents niveaux, pour protéger les victimes, et ce, qu’elles soient des femmes ou des hommes (même ces derniers sont supposés être forts et être capables de se défendre).

Nous avons mis sur pied un organisme qui vient en aide aux hommes victimes d’agressions sexuelles. Pour moi, « femmes » et « hommes » se confondent en « victimes » et nous devons les aider. À titre d’exemple, notre organisme a été le premier à prendre position en faveur de Marie-Renée Baillargeon , en demandant au Ministre de la Justice de renverser la décision du directeur des poursuites criminelles et pénales de ne pas porter d’accusations. Un organisme d’hommes qui défend une femme ? Oui, parce que c’est une victime, point final. Nous avons déposé deux mémoires , l’un au Sénat et l’autre à la Chambre des communes, pour mieux protéger les victimes. Est-ce que nous représentons seulement les victimes masculines? Non : nous représentons TOUTES les victimes.

En terminant, mon souhait le plus grand serait que les femmes cessent de voir les hommes comme étant tous des agresseurs potentiels. Pour faire avancer la cause des agressions sexuelles, nous avons besoin des femmes et je crois humblement qu’elles ont aussi besoin des hommes. Elles ont été les pionnières pour inciter les victimes à dénoncer leur agresseur et nous devons les en remercier.

Mesdames, je ne connais aucun organisme d’hommes qui ne veut pas travailler avec vous. Au contraire, nous souhaitons tous travailler ensemble pour ainsi être plus forts et aider le plus de victimes possible. Peu importe le sexe de l’agresseur, nous devons allier nos forces et faire front commun, pour toutes les victimes.

Alain Fortier
Président de VASAM

3https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=770800172947650&id=643493879011614
4Projet loi C-489 et C-32

DEVRIONS-NOUS ADOPTER UN SYSTÈME DE JUSTICE À TROIS VITESSES ?

Lettre éditoriale – 13 décembre 2014

DEVRIONS-NOUS ADOPTER UN SYSTÈME DE JUSTICE À TROIS VITESSES ?

Depuis quelques années, nous entendons parler de systèmes à deux vitesses, et ce, dans plusieurs domaines, par exemple, notre système de santé ou encore notre merveilleux système de justice. Une justice pour les notables et une autre pour le peuple. Souvenons-nous du cas de Marie-Renée Baillargeon, dans lequel le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a refusé de porter des accusations contre un avocat très connu de Québec .

Aujourd’hui, j’aimerais proposer à la ministre de la Justice un nouveau système de justice. Rien à voir avec le système à deux vitesses dont je parlais précédemment, plutôt un système de justice à trois vitesses. Selon moi, ce mode de fonctionnement serait beaucoup plus juste et équitable.
La première vitesse toucherait le plus de gens, c’est-à-dire les hommes qui sont des agresseurs. Selon les statistiques , dans 97% des cas, l’auteur présumé des agressions sexuelles est de sexe masculin. Pour cette première catégorie, nous pourrions donner les peines maximales à chaque fois. De cette façon, nous envoyons un message clair aux hommes : arrêtez d’agresser les femmes.

Les deuxième et troisième vitesses toucheraient beaucoup moins de gens, parce qu’il s’agit d’une dimension très peu documentée : nous parlons, bien sûr, des hommes victimes d’agressions sexuelles. Puisque le taux de dévoilement est minime chez les hommes, nous parlerons de cas d’exception. Malgré tout, une étude américaine démontre que dans 46% des cas, les auteures présumées d’agressions sexuelles sur les hommes étaient des femmes. Malheureusement, nous ne sommes pas des Américains, mais bien un peuple distinct : nous ne pouvons donc accorder de valeur à cette étude.

La deuxième vitesse concernerait les agresseurs de sexe féminin, plus précisément les femmes plus âgées, ou moins attirantes, ou laides et grosses. Nous devrions cependant donner des peines plus clémentes que celles des hommes, qui sont tous, par nature, des brutes sanguinaires. Nous avons un exemple récent dans les journaux – je ne commenterai pas la beauté de l’agresseure, mais soulèverai plutôt son âge : 53 ans ; elle a reçu une peine de 90 jours de prison à purger de façon discontinue . Il est quand même moins pire de se faire agresser par une femme que par un homme, non ?

1http://www.droit-inc.ca/article11699-Agression-sexuelle-l-avocat-sera-t-il-accuse et http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201401/15/01-4729140-presumee-agression-par-un-avocat-de-quebec-le-ministre-ninterviendra-pas.php
2http://www.agressionssexuelles.gouv.qc.ca/fr/mieux-comprendre/statistiques.php
3http://www.slate.fr/story/90153/hommes-viol
4http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201412/01/01-4824229-relation-sexuelle-avec-un-ado-de-14-ans-90-jours-de-prison-pour-la-mere-cool.php

Et pour la troisième vitesse : les cas où l’agresseur est une jolie jeune femme, ou une jeune professionnelle, ou, encore mieux, une belle enseignante en position d’autorité. Dans ces cas, je ne donnerais aucune sentence. Je lui remettrais peut-être même un titre honorifique : « dépuceleuse engagée ». Nous pourrions la remercier pour sa contribution à dépuceler nos jeunes, de sa volonté à vouloir leur montrer ce qu’est la vraie vie. Ces jeunes sont tout de même mieux préparés à un avenir prometteur !

J’espère que vous avez compris que je suis ironique. Par contre, je ne suis pas loin de la vérité ou, du moins, de la perception que plusieurs d’entre nous ont de notre système de justice. Quand un homme agresse, il faut le punir sévèrement, et avec raison. Par contre, quand l’auteure est une femme, les peines sont plus clémentes. Comme si les séquelles des hommes qui en sont victimes étaient moins graves.

Je me pose plusieurs questions, la plupart demeurant sans réponse :
– Qui peut nous certifier, avec précision, quelles seront les séquelles pour une victime d’agression sexuelle ?
– Est-ce que les séquelles d’une victime homme sont moindres que les séquelles d’une victime femme ? Si oui, dans quelle mesure ?
– Qu’en est-il des séquelles d’une femme qui a été agressée par une autre femme ?
– Après combien de mois ou d’années la victime réalisera-t-elle l’ampleur des dégâts sur sa vie ?
– Quelle est la différence entre une femme et un homme agresseur ?
– Voulons-nous vraiment d’un système de justice à trois vitesses ?

Je crois que dans la majorité de mes questions, il est impossible d’obtenir une réponse claire. Chaque cas d’agression est différent, chaque victime est différente et réagira différemment. Même les psychologues et psychiatres, dans une même cause, n’arrivent pas à la même conclusion.

Si nous ne voulons pas d’un système de justice à trois vitesses, nous devons commencer à nous questionner dès maintenant sur nos jugements de valeur. Plus nous allons prendre conscience de nos incohérences, plus nous pourrons améliorer notre système judiciaire.

Bonne réflexion!

Alain Fortier
Président de Victimes d’Agressions Sexuelles Au Masculin (VASAM)
et auteur de Agressé sexuellement : de victime à résilient